La multirisque professionnelle est le contrat qui protège les biens de votre entreprise (locaux, matériel, stocks) contre l'incendie, le dégât des eaux, le vol, les événements climatiques et le bris, et qui compense la perte de chiffre d'affaires qui suit un sinistre. Pour une PME, elle coûte en 2026 de 1 200 à 6 000 euros par an selon l'activité et les valeurs assurées. Son vrai risque n'est pas son prix : c'est d'être mal dimensionnée, car un capital déclaré trop bas réduit mécaniquement l'indemnité le jour du sinistre.
Que couvre exactement une multirisque professionnelle ?
Une multirisque professionnelle, souvent abrégée MRP, regroupe dans un seul contrat plusieurs garanties de dommages aux biens et une responsabilité civile exploitation. Le socle couvre l'incendie et l'explosion, les dégâts des eaux, le vol et le vandalisme, le bris de glace, les événements climatiques (tempête, grêle, neige) et les catastrophes naturelles. S'y ajoutent des options : perte d'exploitation, bris de machine, marchandises transportées, protection juridique.
La responsabilité civile exploitation, incluse dans la plupart des MRP, indemnise les tiers pour les dommages causés par votre activité au quotidien (un visiteur qui chute dans vos locaux, un dégât des eaux chez le voisin), à distinguer de la responsabilité civile professionnelle, qui couvre les fautes dans les prestations elles-mêmes. Les deux se complètent, elles ne se remplacent pas.
La multirisque professionnelle est-elle obligatoire ?
Non, à la différence de l'assurance automobile ou de la décennale. Mais presque tous les baux commerciaux exigent une assurance des risques locatifs, parce que l'article 1733 du Code civil rend le locataire présumé responsable de l'incendie des locaux qu'il occupe, sauf preuve contraire. La garantie « risques locatifs » couvre votre responsabilité envers le propriétaire ; le « recours des voisins et des tiers » couvre les dommages propagés aux locaux mitoyens.
Combien coûte une multirisque professionnelle en 2026 ?
Le prix dépend d'abord des capitaux assurés (contenu, stocks, bâtiment si vous en êtes propriétaire), puis de l'activité, de la surface, de la localisation, des mesures de prévention (alarme, détection incendie, sprinklers) et de la sinistralité passée. Les tarifs observés sur le marché français début 2026 donnent les ordres de grandeur suivants pour des PME.
| Profil d'entreprise | Chiffre d'affaires | Prime annuelle observée (2026) |
|---|---|---|
| Startup ou scale-up tech en bureaux | 0,5 à 5 M€ | 500 à 1 200 € |
| PME de services B2B, une dizaine de salariés | 0,5 à 1 M€ | 1 200 à 2 800 € |
| Commerce ou restaurant | 0,2 à 0,5 M€ | 1 200 à 3 500 € |
| Entreprise du BTP | 0,2 à 0,4 M€ | 1 800 à 4 500 € |
| PME industrielle, une vingtaine de salariés | 1 à 3 M€ | 2 500 à 6 000 € |
Ces fourchettes proviennent de comparateurs et courtiers ; il n'existe pas de statistique officielle par taille. Deux tendances pèsent en 2026 : une hausse moyenne des primes dommages de l'ordre de 7 %, et le relèvement de la surprime catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % de la prime dommages au 1er janvier 2025. Selon France Assureurs et la CCR, les sinistres climatiques ont coûté 5,2 milliards d'euros en 2025, dont 2,2 milliards pour la seule grêle.
Quelles valeurs faut-il déclarer, et comment les calculer ?
Le bâtiment se déclare en valeur de reconstruction à neuf (coût de rebâtir à l'identique, hors terrain), pas en valeur vénale ni comptable. Le contenu (mobilier, informatique, machines, agencements) se déclare en valeur de remplacement à neuf, c'est-à-dire le prix d'un bien équivalent aujourd'hui. Les stocks se déclarent au prix de revient, en retenant le pic saisonnier et non la moyenne, car le sinistre n'attend pas le creux.
La valeur à neuf, dans un contrat d'assurance, est l'indemnisation au coût de remplacement sans déduction de vétusté ; la vétusté est la dépréciation liée à l'âge et à l'usure du bien. Trois erreurs reviennent chez les PME : reprendre la valeur nette comptable d'immobilisations amorties (un serveur amorti vaut zéro en comptabilité, mais 8 000 euros à remplacer), oublier les agencements réalisés par le locataire (cloisons, câblage, climatisation), et ne jamais réactualiser le capital alors que l'entreprise a doublé de taille.
Qu'est-ce que la règle proportionnelle et pourquoi peut-elle diviser votre indemnité ?
La règle proportionnelle de capitaux, prévue à l'article L121-5 du Code des assurances, s'applique quand la valeur réelle des biens dépasse la somme garantie : l'assuré est alors « considéré comme restant son propre assureur pour l'excédent » et supporte une part proportionnelle du dommage, même pour un sinistre partiel.
Exemple : vous déclarez 500 000 euros de contenu, l'expert évalue vos biens à 800 000 euros, un incendie détruit 300 000 euros de matériel. L'indemnité n'est pas de 300 000 euros mais de 300 000 × (500 000 / 800 000), soit 187 500 euros. Les 112 500 euros manquants restent à votre charge.
Un capital sous-évalué n'est pas une économie de prime, c'est une franchise cachée dont vous découvrez le montant le jour où vous avez le plus besoin d'argent.
Deux parades existent. Négocier une clause de renonciation à la règle proportionnelle, souvent accordée si l'écart reste sous 10 à 20 % ou si les capitaux ont été évalués par un expert. Et s'appuyer sur l'indexation : la plupart des MRP revalorisent capitaux, primes et franchises chaque année selon l'indice FFB du coût de la construction (1 197,3 points au premier trimestre 2026, +1,56 % sur un an), ce qui suit l'inflation du bâti mais pas la croissance de votre parc de matériel. À ne pas confondre avec la règle proportionnelle de prime de l'article L113-9, qui réduit l'indemnité dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due si le risque avait été correctement décrit (surface, activité, protections).
Faut-il ajouter la perte d'exploitation ?
Pour une entreprise qui a des charges fixes et des salariés, oui. La garantie perte d'exploitation indemnise la marge brute perdue (chiffre d'affaires moins charges variables) pendant la période nécessaire pour retrouver le niveau d'activité d'avant sinistre, et rembourse les frais supplémentaires engagés pour limiter la baisse d'activité : locaux provisoires, matériel de remplacement, sous-traitance. Elle se déclenche à la suite d'un dommage matériel garanti ; un blocage informatique sans dommage physique relève de l'assurance cyber.
Deux paramètres à fixer : la marge brute assurée (celle du dernier exercice, majorée de votre croissance prévue) et la période d'indemnisation, généralement 12 mois, 18 ou 24 pour les activités dépendantes de machines à long délai de livraison. En catastrophe naturelle, la franchise légale pour les professionnels est de 10 % des dommages avec un minimum de 1 140 euros, et de trois jours ouvrés d'activité (minimum 1 140 euros) pour la perte d'exploitation, selon l'arrêté du 30 décembre 2022.
Quelles extensions valent vraiment le coût pour une PME ?
Le bris de machine couvre les pannes internes (défaillance électrique, erreur de manipulation) exclues de l'incendie classique, indispensable dès qu'un équipement de production dépasse quelques dizaines de milliers d'euros. Le matériel hors locaux couvre les ordinateurs portables en déplacement et en télétravail, souvent exclus du contenu « dans les locaux ». Enfin, les honoraires d'expert d'assuré, le professionnel qui défend votre chiffrage face à l'expert de l'assureur, coûtent peu et changent l'issue d'un sinistre. Vérifiez aussi les sous-limites : vol et dégâts des eaux ont souvent des plafonds bien inférieurs au capital total. Un audit des contrats détecte ces écarts avant qu'un sinistre ne le fasse.
Questions fréquentes
Quelle différence entre multirisque professionnelle et RC Pro ?
La multirisque protège vos biens et compense votre perte d'activité après un sinistre matériel ; elle inclut généralement la RC exploitation pour les dommages causés aux tiers dans la vie courante de l'entreprise. La RC Pro couvre les conséquences des erreurs commises dans vos prestations ou produits. Une PME a besoin des deux.
Que se passe-t-il si je déclare un capital trop bas ?
L'article L121-5 du Code des assurances permet à l'assureur de réduire l'indemnité dans le rapport entre le capital déclaré et la valeur réelle des biens. Un écart de 30 % sur les capitaux se traduit par une indemnité amputée de 30 %, quel que soit le montant du sinistre.
Une startup en bureaux partagés a-t-elle besoin d'une multirisque ?
Oui, au minimum pour son matériel informatique, ses agencements et sa responsabilité locative si le contrat de coworking l'exige. Quelques centaines d'euros par an, sans rapport avec le remplacement de trente ordinateurs portables après un vol.
La perte d'exploitation couvre-t-elle une cyberattaque ?
En principe non : la perte d'exploitation de la multirisque ne se déclenche qu'après un dommage matériel garanti. L'interruption d'activité causée par un rançongiciel ou une panne de prestataire relève d'une assurance cyber dédiée, qui prévoit sa propre garantie de pertes d'exploitation.
Chez Lesto, nous partons de votre inventaire réel, de votre bail et de vos comptes pour reconstruire les capitaux à déclarer, puis nous consultons en moyenne neuf assureurs pour obtenir une prime qui reflète votre risque et non un forfait. Vous voulez savoir si votre contrat résisterait à un sinistre ? Découvrez notre offre de multirisque professionnelle et demandez une analyse en 72 heures.
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Julien Falémé
Co-fondateur
Julien Falémé est co-fondateur de Lesto, le courtier nouvelle génération pour les PME. Après plusieurs années dans la vente B2B tech (Riot, Theodo Group), il a fondé Lesto avec la conviction que les dirigeants de PME méritent le même niveau d'analyse de risques que les grandes entreprises.
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